Archives mensuelles : février 2014

Ananze Batanga : Artiste empathique et révoltée

Ananze BatangaAujourd’hui, nous recevons Ananze BATANGA. Ananze est une artiste qui vous touche par la sensibilité incroyable qu’elle porte.
Oui ! Elle est artiste.
Elle est artiste en ce qu’elle peint par sa musique et ses mots ses paysages intérieurs et ceux du monde qui l’entoure avec vérité, avec sa vérité.
Une vérité nue.
Une vérité crue quelquefois.
Elle peint avec l’aquarelle de ses mots et de ses notes de musiques.
Artiste à fleur de mots, à fleur de peau, univers à fleur d’émoi.
Elle écrit comme d’autres crient, susurrent, murmurent, clament, pour témoigner, pour inviter dans son regard, pour dire le monde et parfois pour l’exorciser. Mots véhicules des maux pour les surmonter, les dépasser, les sublimer, les universaliser, prêtant à l’autre des espaces de catharsis.
La musique est pour elle un tout dans lequel elle se meut et le véhicule de ses intériorités. Elle est l’un de ses liens les plus puissants au monde, une de ses boussoles.
Elle est son langage depuis qu’à l’âge de douze ans, un hasard qui allait se révéler cadeau de la vie a déposé un piano dans la maison familiale. Elle allait faire l’une des rencontres les plus importantes de son existence, elle allait découvrir qu’elle portait en elle des langages inexplorés. Il faut dire que la musique lui est quelque peu atavique. Sa famille avait le chant viscéral.
La petite fille de douze ans qui rencontre, en un piano posé dans la maison familiale, un nouvel ami, a conscience du fait que, si entre amis, il vaut mieux parler un langage commun pour se comprendre, il lui appartient de s’approprier le langage de son nouvel ami car ce n’est pas le piano qui apprendra le sien.
Il est des codes, il est des rythmes, il est un langage que l’on appelle musique, elle ira à la rencontre de son ami en s’ouvrant à son monde.
C’est ainsi qu’à douze ans, la petite fille qui deviendra Ananze commence à prendre des cours de piano pour établir une relation sereine et pacifiée avec son nouvel ami. Pour ceux qui y croient, on pourrait penser qu’il avait quelque chose qui relèverait de la destinée dans sa rencontre avec la musique, dans la manière dont la musique arrive à elle, chez elle, dans sa maison.
Même son premier professeur de piano sera un joli cadeau du hasard.
Ananze devait s’exprimer par la musique et le « destin » mettait les choses en place pour que puissent se produire les rencontres qui la conduiraient vers elle-même, vers cette part d’elle qui lui est simplement intrinsèque.
Quand elle a 19 ans, ses envies d’Afrique se font pressantes, la mémoire des temps passés même de manière brève au Cameroun lui revient avec force. Elle ressent le besoin d’explorer davantage l’africanité qu’elle porte autrement qu’à distance ou par la mémoire. Elle veut vivre l’Afrique en Afrique, les pieds posés sur une terre qui lui est chère et l’appelle.
Elle s’envole pour Dakar où elle passera 6 mois qui la marqueront d’autant plus profondément que les spectacles vivants auxquels elle participe en tant que membre de la troupe lui donnent de creuser les profondeurs de son identité, de sa part subsaharienne, et son identité métisse européenne et subsaharienne.
Le voyage au Sénégal sera vécu par Ananze comme un voyage initiatique. Initiation vers soi, initiation vers son africanité et initiation vers l’artiste qu’elle est déjà et qui veut désormais s’exprimer. Elle continuera la route en allant à la rencontre de Franz Fanon, Angela Davis et d’autres, se forgeant une conscience noire qui se défie des frontières. Ces rencontres structurantes et déterminantes lui permettent de résister aux délitements intérieurs que peut causer la violence larvée du racisme quotidien, et celle d’une autre exclusion, le sexisme qu’elle croisera plus tard, dans ses expériences de choriste notamment.
De retour à Paris, parce qu’elle sait qu’elle sait que chanter n’est pas pour elle une option ou un hobby mais que cela fait partie de son essence, elle se donne les moyens de parfaire son art et rejoint un Ecole de jazz dans laquelle aura Anna Ringart pour professeur. Cette dernière lui apprendra comment dompter la voix pour mieux la laisser libre.
Le chant ne lui suffit pas pour peindre le monde. Elle se mettra à la danse à 22 ans, prendra des cours de comédie, s’initiera à la capoera etc.
Comment vous parler de l’univers de notre invitée, il est à son image, à la fois poétique et prosaïque, onirique et réaliste.
C’est une femme qui pose un regard à la fois empathique et révolté sur le monde. Sa voix, est un écho de son regard et le véhicule d’un vouloir dire ample.
Elle chante la vie, ses révoltes sur des musiques qui vont du reggae à la soul, le tout pénétré par les influences originelles qu’elle porte. Ses inspirations musicales vont de la soul au reggae, en passant par le rock qui a influencé ses dix-sept ans et dont elle garde une impression de liberté, au jazz ou au Gospel qu’elle a chanté. N’essayez pas de la confiner dans une boîte, elle s’en extraira, ses musiques naissent de ce qu’elle veut dire, ses mots épousent des notes et vice-versa. Elle n’est pas fille d’un artiste unique, elle est à la confluence d’univers croisés et riche d’eux.
C’est sur un rythme reggae qu’elle chante par exemple qu’elle chante le jour nouveau qu’elle espère voir naître. C’est une femme qui tient viscéralement à sa liberté et clame « je ne mélange pas respect et obséquiosité ». Ananze Batanga est une femme entière.
Elle n’a d’ailleurs pas choisi son pseudonyme par hasard. Elle s’est inspirée de l’araignée Kakou Ananze, guerrière subtile et futée dont la sagesse triomphe de la force brute. L’araignée est symbole de sagesse et de vision. Et Batanga fait référence au monde Bantu et à ses mystères sacrés.
Comme elle vient à vous, je vous propose, je nous propose de nous couper du reste du monde et d’accueillir cet après-midi ce qu’elle nous apporte. Et si elle nous réapprenait l’espoir en un monde neuf, un monde autrement, un monde que nous ferions chacun de là où il peut agir ?
Faisons ensemble une ovation à Ananze BATANGA. Merci de nous faire l’amitié de ta présence et de nous offrir ton talent comme cadeau et comme passerelle entre nos cœurs.
Je nous souhaite un beau moment.
A toi, à eux, à nous, de ton cœur aux nôtres.
©Chantal EPEE

16 février 2014 : Ananze Batanga

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Ce 16 février nous avons vécu un joli moment avec Ananze Batanga, chanteuse à la confluence des univers reggae, folk, pop, avec une incursion dans le gospel.

C’est une artiste qui vous touche par la sensibilité incroyable qu’elle porte. C’est une femme qui pose un regard à la fois empathique et révolté sur le monde. Sa voix, est un écho de son regard. Elle chante la vie, ses révoltes sur des musiques qui vont du reggae à la soul, le tout pénétré par les influences originelles qu’elle porte

Elle nous a offert des chansons qui paraîtront dans son prochain EP.

Sa musique parle de ses expériences et engagements de femme, d’artiste, et de son regard sur la société.

Ecoutez la appeler un Nouveau Jour

Sa spontanéité, sa simplicité ont touché l’auditoire et il s’est produit ce que nous attendions, un échange de coeur à coeur.

Nous avons rencontré une bien belle artiste et une femme généreuse.

 

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Ananze chante La vie