Archives mensuelles : avril 2014

13 Avril 2014 : CEPTIK

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Descendant d’une famille de griots, Ceptik a reçu le verbe et la transmission de sens en héritage.
L’amour des mots n’est pas simplement atavique chez lui. Il l’a  aussi construit au fil de ses rencontres, de ses lectures,  du travail, de l’affinage, de son expression pour l’amener au plus près du vouloir dire qui l’habite.

A larmes égales

Convaincu que les paroles s’envolent tandis que les écrits restent, Ceptik, encore adolescent au Gabon qui l’a vu naître, veut marquer son temps, laisser une trace. Il se fera au fil des mots. C’est au dans ce pays qu’il fera ses classes en slam, en poésie, fera une incursion dans le Hip Hop, et créera son premier groupe.. Il découvre le Sénégal en 2000. C’est l’occasion d’un nouveau départ, d’un re-création de lui même. Son verbe est puissant, poétique, lyrique, magnifique.

Teranga Master. L’ironie de Ceptik

C’est lui que nous avons ce 13 avril. Il nous a présenté des morceaux de son nouvel album paru ce mois.  Sa présence nous a offert de beaux moments de partage avec des amis invités parmi lesquels :

Minuss du Sénégal,

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Nuit Noire

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Capitaine Alexandre

 

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Afrique je veux être ta muse par Nuit Noire

Ce mois d’Avril, Capitaine Alexandre nous rappelle l’indicible génocide Rwandais « Je suis mort au Rwanda » http://www.youtube.com/watch?v=hPoAzbZXKWk Invitée par son invité du jour, Chantal Epée, directrice du Coeur à Coeur Acoustique déclame sa Sérénade Bantu accompagnée de Calvin Yug et du Capitaine Alexandre http://www.youtube.com/watch?v=P8hKy3eMZ2U Nous avons eu une après midi à vous mettre des étoiles dans les yeux pour longtemps. P1010375 P1010372P1010369 P1010368 P1010364 P1010360 P1010355 P1010353 P1010349 P1010347 P1010346 P1010341 P1010330 P1010328 P1010326 P1010323 P1010319P1010323P1010347P1010355P1010341P1010369P1010526 P1010527 P1010532 P1010537 P1010539 P1010540 P1010542 P1010546 P1010548 P1010550 P1010553 P1010556 P1010559 P1010560 P1010561 P1010563 P1010566 P1010570

Gino Sitson : à la rencontre d’un funambule vocal

Gino Sitson
Bonjour à tous ! Merci de nous faire l’amitié de nous rejoindre pour un moment à part, un temps suspendu au cours duquel la musique et les mots se mêleront pour écrire une partition qui ne se jouera pas ailleurs. Pourquoi ? Parce que chacune des individualités que nous représentons est unique, et la synergie de nos talents d’auditeurs actifs, rencontrant l’univers artistique de notre invité ne se fera qu’ici, de son cœur aux nôtres, de nos cœurs au sien. Il est en ce lieu, d’une rencontre à l’autre, une énergie, un courant de vie qui n’a de cesse de nous toucher, de me toucher. J’ai envie de me poser un instant pour vous remercier, vous qui, d’une rencontre à l’autre êtes fidèles, faites confiance à nos choix artistiques, vous qui vous laissez embarquer par les artistes qui nous font l’offrande de leur talent le temps d’une après-midi. Vous êtes les meilleurs ! Sans vous, le cœur à cœur acoustique ne serait qu’un triste soliloque. Votre fidélité nous honore et nous encourage à œuvrer pour vous servir toujours mieux. Nous allons si vous le voulez bien prendre un instant pour vous acclamer. Quant à vous qui venez à notre rencontre pour la première fois, nous espérons que vous vous sentirez comme à la maison, comme lors d’un soir au village, ou dans une réunion de famille apaisée, et que vous passerez un joli moment qui vous donnera envie de revenir nous voir. Vous avez la possibilité de nous laisser vos coordonnées pour être tenus informés de nos rencontres et des activités de notre association, ainsi que de celles de notre invité. Merci aussi à tous les artistes qui nous ont fait confiance et qui sont venus à votre rencontre en ce lieu. Aujourd’hui, nous avons l’immense plaisir de recevoir Gino SITSON, vocaliste, auteur, compositeur, enseignant et chercheur en musicologie. Pourquoi sommes-nous ravis de le recevoir ? Parce qu’il est infiniment talentueux et parce qu’il a une musicalité exceptionnelle. Il devrait vous éblouir par sa capacité à faire de la voix un instrument de haute voltige sans pour autant la déconnecter du sens et de la sensibilité artistique qu’il a dévoilée au fil des cinq albums qu’il a déjà mis à la disposition du public. Au Cœur à Cœur Acoustique, nous apprécions le beau et, aimons mettre en lumière, et inviter à découvrir les différentes facettes d’un diamant par trop caché : celui des talents immenses et du vouloir dire des fils d’Afrique Sub-Saharienne et de ses diasporas afro-descendantes. Il est tant de richesses qui ont une source proche ou lointaine au sud du Sahara que nous ne connaissons pas, faute d’une visibilité suffisante. Pourtant, l’absence de lumière n’est pas défaut d’éclat, loin s’en faut. Oh rassurez-vous ! Nous ne sommes pas victimes d’une excroissance de l’ego ou d’une inflation de l’orgueil. Nous n’avons absolument pas l’impression que les artistes nous ont attendus pour se frayer un chemin vers la lumière. Nous n’avons pas davantage la prétention de nous prendre pour LA réponse à une quelconque attente, mais, nous nous proposons plutôt d’être l’une des réponses, l’un des espaces, l’une des possibilités pour servir une cause que nous croyons noble : celle de la promotion des arts et cultures d’Afrique et des diasporas, et tant qu’à faire dans le respect des artistes et de leur travail. Nous avons pour ambition de participer à faire résonner par-delà les frontière un vouloir dire si souvent ghettoïsé ou bâillonné. Nous avons aussi pour ambition d’œuvrer à rendre les expressions artistico-culturelles afrodiasporiques accessibles au public sans que ce dernier soit freiné par des questions pécuniaires Le Cœur à Cœur Acoustique est l’un des espaces engendré dans ce but par Afrodiaspor’Arts, notre association dont Gino Sitson est d’ailleurs l’un des parrains. Pour revenir à notre invité, Gino Sitson est sans aucun doute l’une des facettes du beau qu’offre l’Afrique au monde. Il est l’un des magnifiques talents qui tire sa sève du Cameroun et qui a su accueillir les ruisseaux rencontrés au gré de ses voyages et de ses explorations musicales pour élargir le lit de son fleuve intérieur et écrire une partition singulière dans laquelle les valeurs humanistes ne sont pas les moindres. Au fait, aussi surprenant que cela puisse paraître, le Cameroun n’a pas qu’un son de basse à offrir pour mettre le monde à ses pieds. Est-il besoin de rappeler le saxophone de Manu Dibango, la guitare et le verbe de Francis Bebey qui ont traversé les frontières et conquis le monde. L’Afrique est infiniment créative, le Cameroun aussi. Ne soyons pas les geôliers des prisons dans lesquelles nous enfermerions notre capacité de découvrir de nouveaux artistes. Gino Sitson élève une voix capable de mettre à genou l’émotion de qui l’écoute, de laisser interdit une oreille attentive. Par l’univers qu’il propose, on découvre que la voix n’est pas uniquement un timbre, mais un instrument à part entière. Notre invité s’en sert avec une aisance déconcertante, se baladant des graves aux aigus comme si ces sons étaient des voisins immédiats. Gino Sitson donne l’impression de ne pas faire d’efforts quand il chante. Derrière cette facilité apparente, il y a certes du talent, probablement un don, mais aussi des décennies de travail qui ont commencé à l’ombre d’artistes tels que Manu Dibango, Ron Carter, Papa Wemba, John Scofield, Wally Badarou, Bobby McFerrin, Ray Lema, Mario Canonge, et bien d’autres. Il a fait ses armes en tant que choriste. Ecole d’humilité et de professionnalisme, mais il portait une voix, des silences, des soupirs, un regard et des délires vocaux qu’il ne pouvait prêter à personne parce qu’ils étaient liés à l’homme et à l’artiste qu’il était. C’est ainsi qu’en 1996 il sort son premier album « Vocal Deliria ». Un Ovni musical qu’il faut juste l’entendre. C’est en soi une expérience. De sa voix unique, il restitue le son de nombreux instruments. Vocal Deliria marque le début d’une carrière de soliste de celui que se nomme lui-même Objet Vocal Non Identifié. L’année dernière, est paru « Listen –Vocal Deliria II » son cinquième album que vous pourrez vous procurer à ici. Pour ma part, j’ai découvert la musique de Gino Sitson en l’écoutant de l’intérieur. L’un des défis que m’a lancé cet instrumentiste de la voix a été celui de déposer une forme de rapport à la musique médiatisé par le sens des mots pour en entendre la musique intrinsèque, pour en découvrir les vêtements acoustiques. J’ai dû l’écouter faire dépouillée des béquilles auditives usuelles, et pour cause, je ne parle pas le medumba, la langue principale qu’il utilise dans son chant. On peut en effet écouter une voix et entendre voire comprendre ce qu’elle dit parce sans les prothèses usuelles. On va ainsi à l’essentiel du message. On entend la tristesse, la joie, l’amour, émotions universelles sans les distinguer clairement. On les discerne de l’intérieur. C’est étrange et saisissant. Gino Sitson a l’onomatopée qui rappelle que les mots ne sont au fond qu’une agrégation de syllabes construisant un univers acoustique et sémantique. Il utilise abondamment l’onomatopée dans sa musique. Même ceux qui comprendraient le Medumba, s’ils se laissaient emprisonner par le sens des mots, sortis du titre d’une chanson seraient aisément désarmés par son univers. Sa musique est un défi lancé aux auditeurs et un superbe voyage en perspective. Oui nous sommes ravis de recevoir Gino Sitson parce qu’il a une voix exceptionnelle, un talent indéniable, et une sensibilité artistique qui valent la rencontre. Selon Manu Dibango, «il a une voix instrumentale ». L’occasion nous est donnée cette après-midi de découvrir ce que cela veut dire n’est-ce pas ? L’occasion nous est par ailleurs offerte d’échanger avec lui et de découvrir son parcours artiste.
A toi Gino, à vous, à nous pour un Cœur à Cœur.
© Chantal EPEE

Un coup de foudre lexical: Ceptik

CeptikC’était un soir dans Paris, une nuit presque. L’hiver se disait encore, même si sa force paraissait déjà faiblesse face aux douceurs d’un printemps pressé de réchauffer les hommes. La nuit était belle au-dessus d’un pont éclairé et des bâtisses autour qui participent de la beauté la ville lumière. Le tableau était propice aux coups de foudres. Je n’allais pas être déçue.
A quelques mètres du pont lumineux j’ai entendu chanter les possibles sous la férule du Capitaine Alexandre, les yeux posés sur des œuvres de Fred Ebami tout autour de nous, tandis que se glissaient des notes de musique. Et c’est au cours de ce joli moment de poésie, de fraternité, c’est au cours de ce voyage visuel que j’ai entendu couler mots :

« J’aurais aimé être de ces poètes
Qui ont du swing dans chaque vers,
Qui sont si forts à dire aux rimes
Qu’elles sont si belles sans chanter faux.
J’aurais aimé rendre plus beau
Chacun des mots que je vous sers
Ne jamais être à court d’émoi,
Ne jamais être pris à défaut.
J’aurais aimé dire à ma mère
Combien je l’aime pour chaque vœu
Qu’elle a su faire à mon égard,
Priant pour mon retour en un morceau.
J’aurais aimé dire à cette reine
Qu’elle a bien fait de croire en moi
Elle qui pour moi a tant souffert
Que j’arrive sur terre un peu plus tôt.
J’aurais aimé dire à mon père
Que ses efforts sont justifiés,
Non lui faire face à chaque fois
Qu’il fit le coq dans sa basse-cour
Car aucune de mes répliques
Ne me priva d’être pris à court.
J’aurais aimé être celui
Dont il pourrait juste être fier.
J’aurais aimé dire à mes frères
D’être prudents à l’avenir
Dans tous leurs choix de futures femmes
Mais je ne suis guère le bon exemple.
J’aurais aimé dire à ma sœur
Que mon épaule lui est acquise
Mais j’ai bien peur au bout du compte
D’être distant quand elle se perd.
J’aurais aimé dire à ma fille
Combien elle comble de joie son père
Sans que mon fils n’ait l’impression
Qu’un choix s’est fait entre elle et lui
Car ce que j’aime par-dessus tout,
C’est qu’ils m’embrassent et réalisent
Qu’il est mon jour et elle ma nuit
Et que les deux sont toute ma vie.
J’aurais aimé être l’ami,
Le confident par excellence
Qui garde pour lui secrets et joies,
Colères et viles connivences.
J’aurais aimé rester celui
Qui sait calmer les âmes meurtries
Et faire en sorte que chaque mot dit
Ne soit suivi d’aucun silence.
J’aurais aimé dire à ces femmes
Que j’ai blessées sans crier gare
Que mes excuses sont sincères
Et que je souhaite qu’elles trouvent l’âme sœur
Qui saura dire les mots qu’il faut,
Ayant enfin en elle ce charme
Que je n’ai guère su conserver
Et qui explique tant de rancœur.

Et plus loin, j’ai entendu quelque chose qui m’a fait, comme on dit par chez moi dans le plus beau pays du monde, tout au moins selon la géographie de ma mémoire émotionnelle, « je suis tombée sans glisser » :

« J’aurais aimé lui dire je t’aime,
La rendre belle pour toujours
Savoir la peindre à main levée,
Les yeux bandés, à contre-jour. »

Aouch ! La flèche avait atteint sa cible. Les dimensions et les visages de l’humanité qui à chaque strophe se dessinaient me rencontraient.
J’étais sous le charme des mots que j’entendais, de l’humanité qui coulait du verbe exquis, dit en toute simplicité. Le texte disait une mosaïque humaine touchante. Déclamés sous la forme d’un rêve à mi-chemin entre regrets et espérance, « J’aurais voulu » disait quelque chose des valeurs de l’homme. Et ces valeurs me touchaient. On voyait passer le fils, l’adolescent, le père, l’homme et ses amours, l’ami, le citoyen, l’homme public et l’actualisation de ces rôles privés et sociaux se disait avec une pudeur dénudée. Apparente contradiction et vérité poétique offerte dans un texte tout en finesse et en tendresse.
Le pont éclairé de Paris avait raison, la nuit était propices aux belles rencontres. Le printemps avait eu raison de terroriser l’hiver pour le bouter hors de Paris pour laisser la place aux frissons exquis, à la chaleur dispensée par des mots exquis.
J’étais la victime consentante d’un coup de foudre lexical, mémoire d’un autre coup de foudre parisien il y a quelques années dans un café nommé couleur Rubis sous les mots cette fois-là du Capitaine Alexandre qui depuis est simplement devenu Ndom’am nusadi, mon petit frère.
Coup de foudre lexical, disais-je donc pour un verbe enraciné dans une humanité qui semblait faire résonance avec la mienne.

« J’aurais aimé
Rester moi moi-même
Et demeurer auprès des miens
Celui qui sait à demi-mots,
Qu’à demi nu,
Il n’est plus rien »

Depuis, j’ai parcouru son verbe, ai été touchée par sa plume, ai vibré à sa sincérité, entendu chanter les mots de sa fière africanité, et ai été rencontrée par ses convictions panafricaines, sœurs des miennes :

« Fini le temps des colonies et des mises à l’essai »
Je bois du petit lait.

Son regard sur le monde se déclame et touche les cibles de nos consciences. L’avez-vous entendu dire Adam et Adama, fils d’Eve et d’Awa, construits par des environnements différents, l’un nostalgique de ce que l’autre fuirait sans hésiter. Adam et Adama, humains et frères qui ne le découvrent que lors d’une confrontation tragique, comme bien des humains en ce siècle qui ne savent pas discerner le frère dans l’autre et ne le lisent qu’au travers de ce qui devrait n’être que périphérique, le paraître, le croire, le posséder.
Son verbe n’est pas que doux, il peut se faire acerbe pour répondre à ces détracteurs qui feraient aisément du dos des autres un sol à fouler. Sa plume comme souvent chez les êtres écrivant et les artistes poétiques est son salut, sa force, sa résistance, sa résilience, sa réinvention de soi après les flammes par lesquelles quelquefois la vie nous consume.

« Naître au mois d’août a fait de moi un lion.
Vos chatouilles ne me gênent pas / ne me vexent pas / ne me brisent pas!
Pourquoi perdre mon temps à justifier mes actes?
Ce one love, je l’dédie à ces aigris qui jactent.
Ce vice qu’est ma plume / soldat pour la Zik
Solide tel un roc / revoilà l’as de pique.
De retour de l’exil, j’ai retrouvé l’équipe
En attendant la suite, en silence, visez l’exit.
Refrain x 2
Où sont passés mes rimes, où sont cachés mes écrits?
Fallait bien que j’m’écrase, fallait bien que je me vide de mes tripes !
Traverser ce désert a fait cramer mes ailes,
Mais ce vice qu’est ma plume s’rebelle et m’fait planer sans elles. »
Pour Ceptik, les mots sont sens, son, musique, lien, échange, force, tendresse, ironie, conviction, sourire. Il est Ceptik et pose sur le monde un regard qui se construit et s’affine au regard de ses voyages intérieurs, de ses expériences, de ses accidents et de ses triomphes, de ses territoires désertés de l’espérance et de ses oasis de plénitude. Une vie d’homme quoi.

« Quitter le Hip hop ? Plutôt m’couper les dreads /
C’est comme brûler un feu/quand juste après le stop, c’est le vide…
Des tonnes de papier / des ratures / à la recherche du style
Etre à la recherche d’inspi n’a rien à voir avec la mort de l’instant.
La distance que j’ai prise a un sens et une cible /
Faire de la confiance des miens / Une chose indivisible.
Ma vision est saine / Et si Dieu veut, quand vous verrez les signes
C’est à coups de jets d’encre indélébile que j’imposerai mon style.
Comment tourner le dos / à ce que j’suis devenu ?
Comment pourrais-je seulement faire pleurer ma plume si ce n’est
Par le pouvoir que le Rap / a eu sur la vie de mes tracks ?
Cette musique qui se plaque à ma peau / poésie que je traque !
D’accord j’ai pris de l’âge dans le game
Mais ce game n’est fini que lorsque le film a signé The End !
Alors ouvrez les yeux, ce n’était qu’un de ces mauvais rêves…
Soldat de la prose, j’ai la plume pour emblème et le mic est mon glaive. »

Quand j’écoute cet homme que j ne connais qu’au fil de ses mots glanés ça et là et de quelques échanges, des mots de Césaire montent à ma mémoire. Ils reflètent bien mon regard sur l’artiste poétique qu’il est à cette escale de mes découvertes de lui et sur lui.
« C’est quoi une vie d’homme ? C’est le combat de l’ombre et de la lumière… C’est une lutte entre l’espoir et le désespoir, entre la lucidité et la ferveur… Je suis du côté de l’espérance, mais d’une espérance conquise, lucide, hors de toute naïveté. »
Aimé CésaireEntretien dans Présence africaine, « La poésie, parole essentielle »)
Cet artiste est à nous cette après-midi, il vient à nous pour un Cœur à Cœur.
Je pourrais vous dire qu’il est né au Gabon où vivaient ses parents, mais que le Sénégal, terre de ses pères avant d’être siennes coule dans ses veines avec force.
Je pourrais vous dire qu’il est un artiste majeur de sa la scène Hip Hop sénégalaise sur laquelle il côtoie Awadi. Je pourrais vous dire qu’il a travaillé avec Daara J. family.
Je pourrais vous dire qu’il fait partie du groupe STILL, qu’il a déjà sorti deux albums, qu’il a des talents multiples, signe et produit des films, des documentaires, des albums d’artistes divers etc au travers de son label Trinaïn.
Je pourrais vous dire qu’il descend d’une longue lignée de griots et que quelque part, le verbe lui est atavique, structurel, essence.
Je pourrais vous dire que son africanité essentielle convie dans sa musique des instruments tels que le Tama ou la Kora.
Je pourrais vous dire qu’il est de ces artistes conscients dont le verbe relève à l’intérieur bien des africanités, des humanités courbées par l’histoire ou par la vie, par association ou par empathie.
Je pourrais vous dire que ses mots chantent aussi dans des langues venues de la terre de ses pères.
Je pourrais vous dire les raisons pour lesquelles son nom de scène est Ceptik et combien ce nom parle de lui.
Je pourrais vous dire qu’il est un acteur majeur des fameux « Vendredi Slam » et que de l’autre côté de l’océan sa réputation n’y est plus à faire.
Je pourrais vous dire la beauté de son timbre, mais il est là, écoutez et recevez, soyez transportés.
Je pourrais vous dire tant de choses objectives et subjectives, mais puisqu’il est là pour déclamer son âme convertie mots et pour échanger avec vous, avec nous, nous allons le laisser dire son parcours au fil des échanges et de vos questions.
Je pourrais encore vous dire la beauté de son timbre et la densité de son verbe, mais puisqu’il est là, écoutez et recevez, soyez transportés, et on en reparle.
Je pourrais aussi vous redire que je suis sous le charme de son univers, mais il n’est pas question de moi n’est-ce pas ? Il est question d’une rencontre entre vous et lui, entre le coeur que nous formons tous et son cœur. Entre nos cœurs, nous l’auditoire, capturés par ses mots.
Alors je nous laisse à Ceptik de nos cœurs au sien.
Bienvenue à toi Ceptik.
Merci pour ta confiance qui te conduit sur le territoire familial de notre Cœur à Cœur Acoustique. Sens-toi comme à la maison. D’ailleurs tu es chez toi. Nous sommes à toi, comme tu es à nous, de ton cœur aux nôtres et réciproquement.
Merci à vous d’accueillir Ceptik.
© Chantal EPEE