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PORTRAIT D’ABOU DIARRA

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Nous avons l’immense plaisir de recevoir Abou Diarra, chanteur et joueur de N’goni qui nous vient de la région de Wassoulou au Mali. Nous allons voyager ensemble au rythme de sa musique qui allie les rythmes traditionnels de sa terre natale aux sons venus du blues, du jazz ou du rock.

Abou Diarra est un homme, un artiste en mouvement, qui ne conçoit pas la musique comme un lieu figé. Cela s’explique peut-être, par la manière dont il fait la rencontre de ce qui allait devenir son instrument, le véhicule de ses émotions et de sa vision du monde.

Le jeune Abou, pour des raisons de nécessité financière a quitté son Mali natal pour rejoindre la Côte d’Ivoire afin de tenter d’y gagner sa vie. Il y trouve du travail mais, est exploité par un employeur peu scrupuleux. Abou décide quitter ce patron dépourvu d’honnêteté et, dans la rue à Abidjan, il croise un joueur de Ngoni. C’est une rencontre, avec le son, avec la vibration particulière de propre à cet instrument qui est quelque part, entre la harpe et le luth, si l’on tente de le décrire depuis une perspective occidentale.

Le joueur qui le fascine alors c’est Yoro Diallo, un grand maître du Kamale Ngoni.

Conscient qu’il vient d’entrer en contact avec un instrument qui le rencontre, Abou veut aller avec ce maître. Mais ce dernier, qui repart pour le Mali le lendemain, le confie à un de ses élèves chez qui Abou demeure une année. Malheureusement, ses progrès ne sont pas probants et Abou est découragé. Il n’a qu’une envie, celle de rentrer chez lui, de retrouver les siens. Il se met en mouvement pour un retour au pays natal. C’est alors que, à peine sorti de chez celui qui le formait, il croise dans la rue un homme qui marche avec un ngoni.

Cette rencontre ne peut procéder du hasard !

Il est une histoire qui aspire à s’écrire au travers de la fusion d’un homme avec cet instrument. Abou parle avec le joueur de Ngoni qui marche et lui parle de sa situation, de son cas. Ce dernier ne peut l’emmener avec lui mais, comme il a deux Ngoni, il en donne un à Abou qui se met à son tour à marcher.

Il marche quatre mois et vingt-six jours pour rejoindre Bamako depuis Abidjan. C’est là, dit-il « que je suis devenu un joueur de Ngoni, sur la route »

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La rencontre réelle, l’amitié, l’intimité d’Abou Diarra s’est construite et établie dans la solitude et dans le mouvement. Comment pourrait-il envisager la musique comme un prescrit figé ? Le musicien ne cesse d’explorer les possibilités du Ngoni et les rencontres qu’il peut faire avec d’autres instruments, tels que le violon, l’accordéon par exemple. Il aime qu’un instrumentiste complètement étranger aux univers portés originellement par le Ngoni, vienne avec les mondes qui l’habitent, pour apporter sa sensibilité personnelle et, enrichir sa musique.

De retour à Bamako, il a le privilège d’être formé par un virtuose aveugle du Ngoni. Vieux Kanté est, selon les mots d’Abou Diarra, « un génie du Ngoni »  La formation qu’il recevra de ce maître du Ngoni, durera sept ans au cours desquels, il ne quittera quasiment pas celui qui l’enseigne. Ce sera une école de l’humilité. Pendant trois ans, Abou ne sera pas autorisé à exercer son art dehors, mais uniquement chez son formateur. C’était frustrant, décourageant, mais formateur : “Abou, ce n’est pas parce que je suis aveugle que je ne vois rien, je vois avec mon cœur. Il faut attendre un peu. Un jour viendra.”

Cette promesse a tempéré la fougue d’Abou et, quand deux ans plus tard, son maître le libère pour aller vers sa propre « carrière » de joueur de Ngoni, c’est Abou qui refuse, tenant à veiller sur le vieil aveugle qui, n’a pas d’autre aide que lui. Se lancer pour lui-même n’est plus urgent. La fidélité de son élève touche profondément le maître qui lui descelle ce qu’il lui avait jusque-là, caché. Après la mort de ce maître, Abou va librement à la rencontre du joueur de Ngoni qu’il est devenu.

La musique d’Abou Diarra parle sans surprise du voyage, de l’exil, du mouvement. Les rythmes et styles où se mélangent, au fil de ses rencontres avec des pays, des sonorités, des influences. « Chaque fois qu’il découvre un genre musical, comme le reggae, » dit Bertrand Lavaine journaliste à RFI, «  il cherche à transposer les notes, le jeu, rajoute au besoin des cordes à son instrument. »

Abou Diarra explore la musique hors des gammes classiques, utilise son N’goni comme une guitare, comme une basse, une harpe ou une percussion.  Il nous entraine dans des balades silencieuses et nostalgiques ou dans des rythmes plus enlevés qui invitent à la danse.

Notre invité a appris en marchant. Il a aussi apprivoisé son instrument alors qu’il apprenait au pied d’un génie du Ngoni. De lui, il a probablement reçu le désir de transmettre sa science à d’autres. Abou Diarra anime des ateliers pour enseigner le Ngoni.

Aujourd’hui nous accueillons l’un des plus brillants ambassadeurs du Kamale Ngoni.

Nous avons avec lui le privilège d’écouter sa musique que nous pouvons nous procurer à la fin et nous le faire dédicacer.

Cher Abou, merci de nous avoir fait l’amitié de venir nous rejoindre pour un cœur à cœur. Nous sommes heureux de recevoir l’artiste et l’homme, nous avons hâte d’écouter ta musique, de nous laisser transporter par le Kamale Ngoni, et de découvrir ta fascinante trajectoire de vie à la rencontre de la musique.

©Chantal EPEE

Auteur, Directrice du Cœur à Cœur Acoustique

Présidente Afrodiaspor’Arts-Expressions of Black Cultures.

Chaleur, générosité et talent étaient au rendez-vous avec Weyah

 

 

 

« Plus qu’un virus, la musique est la sève qui parcourt nos nervures sanguines. »  ( WEYAH)

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Nous avons eu le plaisir le 16 novembre, de recevoir une fabuleuse artiste, une femme simple et lumineuse dont la voix et la générosité nous ont enchantés. Elle a illuminé la rencontre avec son sourire solaire et chaleureux et avec l’émotion qui habille la beauté de son timbre.

Elle nous présentait son disque paru quelques jours avant notre rencontre.

De musiques rythmées en ballades chantées essentiellement en langue Duala, elle nous a émus, fait sourire, rire et danser. Nous avons découvert une chanteuse qui a du métier, un sens de la scène qu’elle a développé au fil des ans en allant à la rencontre du public dans une salle, sur une scène.

Weyah a avec le public un sens du contact saisissant qui tient certainement au profond respect qu’elle a pour lui. Il est fait d’humilité, de simplicité et de chaleur. La chanteuse entre en relation avec l’auditoire pour un échange, une rencontre d’humain à humain.

La voix ( comme les toiles de l’artiste qui est aussi artiste plasticienne et photographe) et la musique sont de merveilleux guides qui nous invitent dans le regard de Weyah sur le monde, dans ses émotions de femme.

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Elle nous a émus en reprenant des titres de  Michel KINGUE, son père  merveilleux artiste qui a offert de belles lettres à la musique du Cameroun, terre d’origine de la chanteuse. Sa reprise de la chanson Agustina, merveilleuse chanson sur la perte, d’une soeur est inoubliable, tant elle était habitée. Agustina était la soeur de son père, la tante que la chanteuse n’a pas connue.

Si vous voulez en savoir davantage sur la chanteuse et être tenus informés de son actualité, n’hésitez pas à rejoindre son site internet.

Quelques photos pour vous inviter dans l’ambiance chaleureuse dans laquelle nous avons baigné

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Après la rencontre, prendre du temps avec le public, le temps d’une photo.

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Dédicacer un album, trouver les mots, partager

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Le public ravi veut emporter un disque dédicacé.

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Chaleur et simplicité

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Moment de complicité avec l’hôtesse de la rencontre.

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Le bonheur d’accompagner une artiste de talent

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C’est avec lui que Weyah a travaillé sur son disque.

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Beautiful singer Beautiful soul

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Sous le charme de notre invitée

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Saisir l’instant, le fixer

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Un public attentif

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Un public ravi

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Nous avons dansé

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Nous avons eu de beaux moments

 

Un regard sur le monde raconté en musique, à la rencontre d’Etienne Mbappe

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Bonjour à tous, nous vous souhaitons la bienvenue. Merci de nous faire l’amitié de votre présence. Aujourd’hui, Afrodiaspor’Arts, notre association, dans le cadre de son Cœur à Cœur Acoustique, a le privilège de recevoir Etienne Mbappe. Qu’est-ce donc que le Cœur à Cœur Acoustique ? C’est une rencontre entre un artiste et un public. C’est un moment qui se veut intime, sans artifice, simple. C’est l’ouverture d’une parenthèse pour qu’un un échange soit possible entre nous public et une personne dont le langage est musique, un être dont les rires, les larmes, les espoirs, soupirs, extases et les sanglots dissimulés se disent, au plus près de son émotion, par une note de musique, une envolée lyrique, une percussion, un rif de guitare, un chœur, ou un silence entre deux notes. A Afrodiaspor’Arts que j’ai l’honneur et le privilège de présider, nous avons pensé le Cœur à Cœur Acoustique comme un lieu d’échange tout en simplicité. L’art est un pont entre les humains. Quelquefois, dans la fureur du vivre au présent et face aux assauts de l’existence, nous l’oublions. S’il est une époque qui a besoin de voir des ponts se construire entre les humains, c’est bien la nôtre. Quand nous communions autour de l’art en général, et de la musique en particulier, nous sommes « comme un ». Nous nous dépouillons l’espace d’un instant, de ces oripeaux qui étouffent si aisément l’être ensemble : la primauté donnée au phénotype, au religieux, au genre, à l’orientation sexuelle, sur l’humanité des êtres. Livrés à la musique, nous sommes juste un battement de cœur commun, somme de nos pulsations cardiaques et de nos émois mêlés. Et c’est ce battement de cœur qui fusionne avec l’art, avec l’artiste, transformant un concert, un récital en un moment unique, voire inoubliable. Le Cœur à Cœur acoustique, c’est le cœur d’un artiste qui vient à la rencontre des nôtres, des vôtres. C’est le partage d’une note, d’une vibration, d’un silence. C’est la possibilité d’être « comme un », liés par une émotion, par une indignation, un espoir, une communauté de regard. Afrodiaspor’Arts est une association qui a, entre autres vocations, celle de promouvoir les arts et les cultures d’Afrique et des diasporas noires. Le Cœur à Cœur acoustique est l’un des moyens dont nous disposons pour faire venir vers vous certaines des expressions artistiques afro diasporiques. Etienne Mbappe est un artiste dont recevons cet après-midi l’art. Auteur, compositeur, interprète, il a sillonné le monde avec sa basse durant plus de deux décennies au cours desquelles il a accompagné des artistes que je vous ferai la grâce de ne pas citer pour éviter que demain, l’on dise qu’Afrodiaspor’Arts fait la promotion de l’annuaire. Il y a une dizaine d’années, Etienne Mbappe, porté par un vouloir dire que la musique des autres ne pouvait raconter, s’est posé pour pousser un cri. C’est ainsi qu’a jailli un premier album de toute beauté : MISIYA (qui en langue Duala, idiome de la côte littorale du Cameroun signifie « les cris »). Ce premier album nous a enlacé l’âme, en particulier ceux qui ont le Cameroun au cœur et qui l’habitent à distance, par le cœur et par la mémoire. Cameroun o Mulema est devenu comme un hymne éternel. L’album n’a pas pris une ride. Cinq ans après, il annonçait la fin de la souffrance. « SU LA TAKE » Nous l’avons cru, puis…les banques ont fait faillite. Il va seulement nous dire aujourd’hui !!!! SU LA TAKE c’est aussi le nom du groupe qui l’accompagne sur les routes. Nous avons le privilège d’avoir avec nous Nicolas VICCARO de Su la Take que nous chargeons de dire à Cate, Cedric, et Clément notre admiration pour la beauté de leur travail aux côtés d’Etienne. Ils participent avec Etienne à suspendre les douleurs du présent le temps d’une chanson, d’un concert, d’une musique. Ils sont notre « parenthèse Su la Take ». Merci Nicolas. Par ce groupe, Etienne Mbappe annonce la fin de sa souffrance, de certaines errances et frustrations quand on a tant de choses à dire et pas d’espace pour l’exprimer. Ce second album était un de mes chocs artistiques et émotionnels de l’an 2008 si mes souvenirs sont exacts. L’écouter me transporte toujours autant Etienne Mbappe sait universaliser ses « je » pour nous offrir des lieux d’habitation et de Catharsis. Dire que j’apprécie cet artiste est un tel truisme. En octobre dernier, est paru, ENFIN, son troisième album, PATER NOSTER dont le titre est aussi celui d’une chanson hommage à sa mère qui habite désormais cet espace que l’on n’atteint que par le cœur, par la mémoire, par le souvenir de l’amour partagé, et par la mélancolie. C’est une chanson bouleversante à l’onomatopée près. De vous à moi, les onomatopées d’Etienne Mbappe sont en soi un poème. Ce troisième opus est un joyau que l’on ne cesse de découvrir. C’est un album qui révèle, pour ceux qui ne l’avaient pas discerné avant, la fibre panafricaine de l’artiste. C’est ainsi que dans les chansons qu’il nous offre entre autres son regard sur les douleurs du Mali pris dans les filets des intégrismes et des aspirations à la liberté du Maghreb et du Machrek que l’on a appelées en leur temps les printemps arabes. C’est ainsi qu’il explore les rythmes mandingues qu’il affectionne particulièrement, ainsi que des musiques arabes. C’est un bien bel album que vous pourrez vous procurer et vous faire dédicacer aujourd’hui. C’est pour moi un immense plaisir d’accueillir et de t’accueillir Etienne. Merci d’être avec nous et Merci Nicolas d’être là. Je vous laisse en sa compagnie, en leur compagnie. Fermez-vos yeux au reste du monde, ouvrez-vous à sa musique et laissez-vous porter par les univers qui habitent Etienne Mbappe. A toi Etienne, à vous, à votre cœur à cœur.

Le dernier album paru d’Etienne Mbappe

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Disponible à la ventre en téléchargement ici 

Possibilité de commander le CD ici