Archives par étiquette : Weyah

Deux ans de Coeur à Coeur Acoustique vision,moments et impressions

Aujourd’hui vous fêtons notre deuxième anniversaire.

Nous avons compilé quelques moments et des témoignages d’artistes et du public pour vous donner un aperçu de ce que nous vivons le dimanche après-midi avec des artistes généreux et un public extraordinaire.

Merci à tous ceux qui sont venus au fil des mois et ont participé à faire vivre notre événement.

Merci à l’équipe dans les coulisses sans laquelle nous ne serions pas.

 

Weyah vue par Daniel Christian Bellet Edimo

10614222_987283594630875_3527932571830157487_n

La chanteuse et Daniel Christian, notre photographe

1656274_987280734631161_4606550805266347010_n

Weyah, chanteuse lumineuse nous a ravis pendant le Coeur à Coeur Acoustique qui lui a été consacré.

10417501_987285474630687_5357320048557416436_n

Lumineuse, énergique, disponible

10628207_987280601297841_1998269005321500351_n

Une artiste solaire et humaine

1653370_987280701297831_2392847869542831860_n 10336833_987283541297547_8809172347254383016_n 10443385_987285444630690_5639705091633695547_n

PORTRAIT DE WEYAH

P1040481

Nous avons aujourd’hui le plaisir de recevoir Weyah, instrumentiste de la voix, artiste plasticienne, photographe, auteur et compositrice. Elle vient à nous avec sa voix, son âme généreuse, et un album paru ce mois, et que nous sommes, de fait, parmi les premiers à découvrir.

Weyah est née dans une famille dans laquelle, la musique et le chant, étaient des habitations naturelles pour sa fratrie et elle, même si leurs parents ne les ont jamais encouragés à embrasser une carrière musicale.

Son père, Michel Kingue, était musicien, auteur, compositeur, clarinettiste, saxophoniste et chanteur, qui a participé à écrire les belles lettres de la musique camerounaises des années 50 à 70, en y composant quelques joyaux mélodiques qu’il serait souhaitable de revisiter. A bien des égards, Michel Kingue était en avance sur son époque.

AGGIE, la mère de notre invitée, chanteuse dans une chorale, emplissait la maison familiale de ses chants, éduquant, comme la musique du père, l’oreille de leurs enfants. Il n’est pas étonnant que plus tard, deux d’entre eux se soient retrouvés plus tard à faire de la scène.

Weyah dit ceci de son rapport à la musique et, de l’atavisme qu’elle est dans sa famille, « Plus qu’un virus, la musique est la sève qui parcourt nos nervures sanguines. » Voilà qui est notre invitée.

 

Weyah, dont les parents sont originaires du Cameroun, est née au Gabon. Elle a un an quand elle se retrouve en France, lieu dans lequel les auteurs de ses jours choisissent de s’installer et de bâtir leur vie. Le Cameroun lui demeurera longtemps, une terre lointaine, mystérieuse, et une quête d’autant plus inassouvie que, ses parents ne sont pas diserts sur cette terre.

Mais il est avec le pays natal de ses parents ; un cordon ombilical qu’Aggie sa mère veille à établir : c’est la langue Duala.

Le lien, sera affermi par ces petits riens qui ramènent l’ailleurs vers l’ici, comme les paquets qui arrivaient du Cameroun, et qui permettaient de manger des plats de là-bas, de s’imprégner de leurs senteurs, d’en découvrir les ingrédients, en attendant le jour de poser enfin, son pied sur cette terre source, ce lieu inconnu qui lui était  pourtant un pays intérieur, un point d’interrogation et un long silence. C’est à trente ans qu’elle foulera pour la première fois, la terre natale de ses parents.

Enfant issue de l’immigration en France, à ses amis qui lui posent des questions sur son pays le Cameroun, elle laisse visiter sa terre intérieure et inconnue, en la réinventant. Elle en fait un pays dans lequel, les pluies ne sont pas comme celles de France. Celles qui descendent du ciel de là-bas, sont uniques. Elles le sont grâce à Weï, le soleil, elles sont Wea, c’est-à-dire sont chaudes. Par leur température, elles font donc du bien à ceux qui les reçoivent, préfigurant, des décennies avant aujourd’hui, le bien que feront les cascades chantées par notre invitée, Weyah qui, devenue chanteuse se donne pour but est, par sa voix et son chant, de « proposer du bonheur au public et en recevoir en retour » 

La musique est une source de chaleur mutuelle, de réchauffement du lien à l’autre et la scène une école de la générosité et d’humilité dans laquelle l’admiration et les ovations reçues d’un auditoire sont reçus comme un cadeau et non un vecteur de surinflation égotique.

En plus de sa matrice familiale propice au développement de sa musicalité, Weyah a, quand elle entre en CP, le privilège d’avoir une enseignante qui l’initie au solfège. Parce qu’elle garde la même maîtresse d’école plusieurs années, elle reçoit de précieuses fondations pour la suite de sa formation en musicale que plus tard, elle peaufinera au conservatoire, puis avec Catherine Medioni, spécialiste de la voix et du chant.

L’univers musical de Weyah est, si on devait tenter de le définir, Afro-pop, Afro-lyrique avec des incursions dans le jazz. Bref il est suffisamment ample et ouvert, pour être à la confluence de plusieurs courants. Weyah refuse, de toutes les façons, de se laisser enfermer car, elle sait combien les carcans et les cases sont de dangereux freins pour la créativité d’un artiste et des baillons de son inspiration.

Celle qui a fait sa première scène musicale dans un lycée, et qui a continué à chanter le répertoire des autres, parmi lesquels Miche Kingue son père, a pris peu à peu, suffisamment confiance en elle pour oser créer et proposer à un auditoire sa voix intérieure.

Son inspiration, elle la puise dans la vie, la foi, dans les douleurs, dans l’enfance, et dans la richesse  qu’offrent les rencontres humaines. Elle écrit et compose des chansons en français, en anglais, et en duala. Cette dernière langue lui est une évidence matricielle depuis l’enfance, et, alors qu’elle était adolescente, elle s’en est autoproclamée ambassadrice après un déclic. En effet, un jour, alors qu’avec une copine, elle écoutait une chanson de Dina Bell, cette dernière a déclaré que la chanson aurait été plus belle, si elle avait été chantée en anglais.

Bien qu’en ce temps-là, elle ait été plutôt fascinée par les chants en langue anglaise, à l’assertion de son amie, un cri silencieux s’était élevé en elle : « non ! »

Non ! Comme un refus de laisser l’anglais devenir la seule langue de la belle musique. La jeune fille qu’elle était alors a résolu en ce temps-là, de proposer de beaux voyages émotionnels et esthétiques en langue Duala.

10689755_756423624427705_427075259457015927_n

Aujourd’hui, la chanteuse vient à nous avec NA MONGELE, son premier Album, dans lequel elle pose son beau timbre et nous invite au voyage.

La voix de Weyah caresse l’âme. Elle semble faire le tour de votre cœur quand vous l’écoutez, pour vous inviter à la recevoir depuis votre intérieur, depuis ce lieu dans lequel elle vous propose un rendez-vous intime. Il y a en effet dans la voix de Weyah un baume, une proposition d’espérance qui transcende le verbe pour atteindre l’émotion. Elle vient avec douceur, pour effleurer l’intime de votre être.

A l’écoute du CD NA MONGELE de Weyah, il est manifeste que les chansons ont été ciselées avec le cœur, avec son âme, parce qu’il est dans son timbre, une vérité émotionnelle qui ne peut être contrefaite par le métier ou par la technique.

Dans une de ses chansons, elle dit : « Bele mba Weyah », appelle-moi Weyah.

Pourquoi ce pseudonyme ?  « Weyah », dit-elle, « est un pseudonyme qui reflète et incarne ma vision de la musique : universelle, atemporelle, comme le soleil »

Au cours d’une interview, notre invitée a un jour déclaré ceci :

« Ma seule prétention, est de rester authentique et fidèle à moi-même artistiquement, attitude que m’a léguée mon père en héritage. »

En écoutant son disque, en discernant son âme qui passe par sa voix, majoritairement dans cette langue qui la fonde par-delà la distance avec la terre de ses pères, on se dit que Weyah aura été fidèle à l’essentiel de l’héritage du grand homme.

©Chantal EPEE

Auteur, Directrice du Cœur à Cœur Acoustique

Présidente Afrodiaspor’Arts-Expressions of Black Cultures.

Novembre 2014

 

affiche